Entretien avec Éric Gallois pour La Gazette d’Honoré
« L’esprit d’entreprise » Numéro de janvier 2026
1) Tu es parti du collège Balzac de Nîmes en juillet 2024, que s’est-il passé depuis et qu’est-ce qui a motivé votre départ pour le Kazakhstan ?
Mon départ de Nîmes pour déménager à Paris est dû au fait que mon père s’est inscrit à l’école de guerre avec option russe, ce qui conduisit à mon déménagement à Astana, la capitale du Kazakhstan. À Paris, j’ai suivi mes cours de seconde au lycée Charles-Péguy, et maintenant que je vis au Kazakhstan, je suis les cours de première chez moi par l’intermédiaire du Cned, n’ayant pas les connaissances nécessaires en russe pour aller dans une école kazakhe.
2) Quelles différences t’ont le plus frappé entre la vie quotidienne là-bas et celle en France ? Quelle langue dois-tu parler ?
Outre le fait que mes cours se passent chez moi, le quotidien n’est pas tellement différent, et quant au fait que la majorité des gens parle russe et que tous les enseignes et panneaux soient en kazakh et en russe, cela ne me dépayse pas tellement étant donné que j’avais déjà commencé à apprendre le russe à Paris.
Pour ce qui est de la langue à parler, je suis censé parler russe, quasiment personne ne parlant anglais et encore moins français, mais je dois reconnaître que je ne parle pas tellement en dehors des formules de politesse
3) Tu poursuis ton lycée à distance : Quelles spécialités as-tu choisies ? Où passeras-tu ton BAC ? Quels sont ton rythme et ton organisation de travail ?
Qu’est-ce qui est le plus difficile ?
Pour mon année de première, j’ai choisi les spécialités Mathématiques, Physique-Chimie et Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP). J’ai également fait passer le russe en LV2 à la place de l’espagnol, ce qui fait sans conteste du russe la matière la plus difficile pour moi, car les attentes sont beaucoup plus élevées que l’année dernière où il était en LV3. Pour ce qui est du Bac je vais le passer à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis, où se situe le centre d’examen français le plus proche du Kazakhstan. Mon rythme de travail est très régulier et similaire à ce que j’aurais pu avoir dans un lycée classique : je travaille à peu près six heures par jour, quatre le matin et deux l’après-midi, parfois un peu plus ou un peu moins.
4) Ton parcours demande autonomie et rigueur. Penses-tu que cela développe un certain « esprit d’entreprise » ?
Je pense que ma situation actuelle n’est pas la plus idéale pour développer un parfait esprit d’entreprise, néanmoins elle me permet d’en développer deux composantes essentielles selon moi, à savoir la débrouillardise et l’organisation. Je me dois d’être organisé pour ne pas prendre de retard dans mes plannings et d’être débrouillard, car personne n’est là pour m’expliquer les cours et notions que je trouve compliqués. Le fait d’être presque livré à moi-même me permet donc de gagner en autonomie, bien que je n’aie pas beaucoup d’interactions sociales, qui constituent un élément essentiel d’un esprit d’entreprise.
5) As-tu déjà une idée du domaine dans lequel tu aimerais « entreprendre » plus tard : créer, innover, diriger, inventer, explorer ?
À l’exception du livre que j’ai commencé à écrire il y a déjà bien longtemps pour ceux qui s’en souviennent, je suis navré de vous décevoir, car je ne sais toujours pas précisément ce que j’aimerais entreprendre plus tard. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai pris Mathématiques et Physique-Chimie, car les spécialités scientifiques sont celles qui offrent le plus de débouchées et que si jamais je veux faire quelque chose de plus littéraire, il est plus facile de passer du scientifique au littéraire que l’inverse.
6) Est-ce que tes camarades ou tes professeurs de Fleming/Balzac ont influencé ta manière de travailler aujourd’hui ? Comment ?
Je dois reconnaître que je n’ai malheureusement pas gardé grand-chose de mes années de collège si ce n’est le fait que je sois assez consciencieux sur mon travail, ce qui m’a également été utile en seconde, d’où je tiens en majeure partie ma manière de travailler actuelle.
7) Quel souvenir gardes-tu de tes années nîmoises en primaire et collège ?
Je garde énormément de souvenirs de Fleming et Balzac (contrairement à la question précédente), tous très positifs d’ailleurs, étant donné que c’est l’établissement scolaire où j’ai passé le plus de temps et où je me suis fait mes meilleurs amis, et qui le sont toujours aujourd’hui. Sans flagornerie de ma part, je pense que c’est également là que j’ai eu mes meilleurs professeurs, et je leur envoie, ainsi qu’à tous ceux que j’ai connus à Fleming et Balzac, mes salutations du Kazakhstan.
8) Si tu devais donner un conseil à un élève plus jeune qui rêve, lui aussi, de partir loin ou de se lancer dans un projet audacieux, que lui dirais-tu ?
Un conseil que je pourrais donner serait que quoi que l’on ait envie d’entreprendre, il faut se lancer et le faire tant que ça vous plaît. Et si vous vous rendez compte que ce n’est finalement pas votre rêve, ce n’est pas grave, car c’est en se trompant que l’on apprend le mieux. Donc, lancez-vous, donnez-vous les moyens de réussir et surtout ne perdez jamais confiance en vous : dites-vous que seuls vous pouvez faire de vos rêves une réalité.
9) Pour combien de temps es-tu au Kazakhstan ?
Je suis au Kazakhstan pendant deux ans, ce qui correspond à la durée classique de ce genre de mission à l’étranger. Je ne trouve d’ailleurs pas ce temps particulièrement long étant donné que j’ai déjà remarqué que j’avais l’impression qu’il passait très vite.
10) Le petit mot de la fin en russe ?
До свидания и спасибо большое за это интервью. Мне приятно знать, что вы обо мне подумали. Au revoir et merci beaucoup pour cet interview. Je suis très heureux que vous
ayez pensé à moi !
Pour les curieux cela se prononce à peu près : Do svidaniya i spassiba balchoï za èta interviou. Mnié atchièn’ priyatna znat’, chto vy obo mnié padoumali (Je sais que c’est un peu étrange, mais l’alphabet cyrillique a justement été inventé, car l’alphabet latin a du mal à bien retranscrire les langues slaves).





